Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 1 (1886)
- Article
- Le péché originel et la femme d'après le récit de la Genèse
- Date
- 1886-01-01
- Page
- Seite IX (sequence 5)
- Language
- French
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LE PÉCHÉ ORIGINEL Eï LA FEMME JX ses livres : De servo artitriOj « De l'arbitre esclave ». Le second a enseigné dans toute sa rigueur la prédestination éternelle, et c'est également cette croyance qui a prévalu chez les Jansénistes. Qui l'aurait supposé? Ce sont les jésuites qui ont pris la défense de la liberté. Telle est la façon dont les plus gran'ds théologiens du christianisme ont compris le péché originel. Je ne ferai pas la critique d'un dogme professé encore aujourd'hui par des millions de nos concitoyens et qui d'ailleurs laisse subsister les préceptes de charité et de. fraternité universelle enseignés tant par l'Ancien que par le Nouveau Testament; mais il me sera permis de dire qu'il n'a aucun fondement dans la Bible et qu'il la contredit dans quelques-unes de " ses maximes les plus importantes. Que nous dit, en effet, la Bible dans les premiers chapitres de la Genèse? Que le jour où il acquit, n'importe comment, le discernement du bien et du mal, Adam perdit l'état d'ignorance et d'insouciance que le texte sacré nous représente sous l'image du Paradis terrestre. Une autre vie commença pour lui, une vie de travail, d'épreuves, de douloureuses expériences, et il eut l'idée de la mort qui, auparavant, lui était étrangère. Ce changement de condition, loin d'être un crime imputable à sa postérité, n'était pas même un malheur; car qui oserait dire que l'ignorance et l'oisiveté sont préférables au travail et à la science? On assure, sans en donner aucune preuve, que nos premiers parents, avant leur désobéissance, étaient semblables à des anges. Les docteurs de.la tradition juive ont admirablement répondu à cela en enseignant que les justes qui vivent sur la terre, c'est-à-dire qui travaillent, qui souffrent et qui savent, sont plus grands que les anges1. On n'a jamais rien dit de plus beau et de plus vrai. En admettant, d'ailleurs, qu'un crime ait été commis dans le Paradis terrestre, dans ce lieu où devait régner la perfection de l'innocence, le texte des dix comman- - déments nous défendrait absolument de supposer que Dieu en eût rendu responsables toutes les générations humaines pendant vingt siècles et le plus grand nombre d'entre elles pendant Téter- 1 rftlffn "^abfttt bipiTO trtm