Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 1 (1886)
- Article
- Le péché originel et la femme d'après le récit de la Genèse
- Date
- 1886-01-01
- Page
- Seite VIII (sequence 4)
- Language
- French
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VIII ACTES ET CONFÉRENCES naît pas avec nous l. La désobéissance d'Adam est un acte personnel qui n'a pu passer à sa postérité que par imitation et par la force de l'exemple; ce qui fait supposer que, en améliorant l'éducation de nos enfants et en nous améliorant nous-mêmes, nous le ferons disparaître. La grâce est dans les enseignements, les bonnes doctrines, dans les croyances et les pratiques religieuses qui, multipliant nos forces naturelles pour le bien, nous aident à mériter le ciel. Si Pélage -l'avait emporté, c'en était fait de toute la théologie * chrétienne. L'Église serait revenue aux idées et aux pratiques des judéo-chrétiens, de ces apôtres et de ces premiers disciples de Jésus qui, continuant d'observer .le sabbat, la circoncision, le régime alimentaire prescrit par Moïse, faisaient à peine une différence entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Saint Augustin, aussi bon logicien que Pèlage, mais dans un sens opposé, mit ordre à ce retour vers le passé. Il ne se contenta pas de reproduire, il aggrava et accentua plus énergiqUement la doctrine de saint Pâul. 11 lui imprima ce caractère absolu dont elle né sé départit, après lui, que très difficilement. Tel a été, selon saint Augustin, le crime de notre premier père, qu'il a infecté toute la race humaine. Par suite de cette corruption et de la dégradante servitude où elle nous a plongés, nous avons perdu la liberté du bien et n'avons conservé que celle du mal ou la liberté de pécher. Par conséquent nous ne pouvons être justifiés que par un mérite qui n'est pas en nous, qui n'est pas à nous. Nous ne pouvons être sauvés que par le seul effet, par le don gratuit de la grâce. La grâce n'est accordée qu'à ceux qui ont la foi; mais il ne suffit pas d'avoir la foi pour obtenir la grâce et pour échapper à la damnation. Ce n'est même que la moindre partie des croyants qui-se trouve dans ce cas : c'est ce qu'on appelle « le petit nombre des élus ». La doctrine de saint Augustin, sauf quelques adoucissements dans les conséquences.qui en découlent et que lui-même en a tirées, a triomphé dans l'Église catholique. Elle a passé, sans les adoucissements, dans les églises de Luther et de Calvin. Le premier de ces deux réformateurs nous a dit sa pensée dans le. titre .seul d'un de 1 Peccatum non nobi§cum oriiur, sed agitur a nolis.