Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Journal
- Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Volume
- 3. Jahrgang 5679 = 1918/19 (1918-1918)
- Issue
- 3. Jahrgang 5679 = 1918/19 (1918)
- Date
- 1918-01-01
- Page
- Seite 58 (sequence 59)
- Language
- German
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58 forcé? Comment est née la conscience? Comment des suppositions matérielles peuvent-elles nous convaincre de l’existence de la conscience? —nous saurions moins que jamais répondre. Or l’espèce humaine a érigé des théories sur telle ou telle question, sans attendre la réponse que même la science contemporaine n’a su encore fournir. « Même ceux qui en connaissances, en savoir et en vertu surpassaient tous les autres, et telle une flamme pure, illuminaient le chemin de la vie, n’ont su lever le voile qui couvre les yeux des mortels. Ils ont raconté quelques fables et puis se sont endormis. Mais aucun regard n’a sondé le mystère, personne n’a soulevé le voile qui recèle la destinée du monde. » (Omar Chijam). Chez nous hommes il ne peut y avoir de science véritable sans foi. Savoir implique croire. A chaque fait relevant du savoir correspond un fait relevant de la foi et vice-versa. Le Créateur a en lui-même la source de tout savoir, mais nous en tant que créature ne saurons puiser nos sciences de dedans nous-mêmes et sommes obligés de nous appuyer toujours sur une donnée. « Cherche et étudie sans pause ni trêve, tu ne peux aller loin dans tes conclusions : le dernier mot de la philosophie est de savoir que nous devons croire. » (Geibel.) Il arrive toujours un moment où la raison s’incline devant la foi, où la raison a besoin même de la foi. La raison seule ne saurait avec certitude nous faire connaître le but de l’existence; la raison d’être de tout ce qui vit, et elle seule ne saurait résoudre le grand problème de la vie et de la mort. Toutefois, si quelqu’un s’avisait de ne pas tenir compte de la raison, ce serait tout aussi pernicieux que de né tenir compte que de la raison. Foi et science (croire et savoir, sentir et comprendre), toutes les deux sont nécessaires, et entre ces deux principaux facteurs de la culture toute contradiction n’est qu’apparente. Les fois respectives, chacune impliquant