Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Journal
- Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Volume
- 3. Jahrgang 5679 = 1918/19 (1918-1918)
- Issue
- 3. Jahrgang 5679 = 1918/19 (1918)
- Date
- 1918-01-01
- Page
- Seite 56 (sequence 57)
- Language
- German
- Belongs to
- journal issue
- OCR quality
- 67% known words query
- IRI
…/3135693-3135700--0560-3136284- Visual Library
- page viewer of the UB Frankfurt
OCR text
56 Foi et Science. Ceux qui pénétrant sous la surface des choses, soumettent à un examen approfondi la pensée dans ses évolutions récentes, s’aperçoivent qu’une profonde scission s’est produite entre deux facteurs importants de la culture moderne: il n’y a pas d’entente entre la raison et le sentiment. L’esprit d’une humanité très développée et civilisée ne trouve de satisfaction que dans une explication soi-disant scientifique de l’univers, tandis que le cœur reste attaché aux sentiments qui y ont été déposées par une éducation religieuse et une vivante tradition. Le cœur souvent ressent profondément le besoin d’accepter comme vérité telle ou telle chose que la raison rejette comme inacceptable; et la raison parfois affirme des choses qui blessent le cœur. Qui est dans le vrai? La raison ou le sentiment, le cœur ou l’esprit? Peut-être les deux? Le but de cet article sera de démontrer qu’il n’existe pas de réelle contradiction entre la science et la religion et même qu’aujourd’hui encore la raison doit à certains égards se soumettre à l’autorité prédominante du sentiment. Beaucoup de gens ne peuvent réconcilier leur foi avec la science moderne, et par conséquent renient leur foi. Ces gens ne semblent pas se rendre compte que toute science est basée sur des postulats, sur certaines données premières, dont la vérité n’est pas démontrable. Ainsi le naturalisme présume tacitement que la nature dont il a connaissance est bien celle qui a existé à tout temps et de tout temps. Bien que personne ne saurait la prouver, cette supposition gratuite est à la base d’une cosmogonie simplement parce que, en ce que nous la percevons intuitivement, elle nous paraît lumineuse. —