Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDXXV (sequence 45)
- Language
- French
- Belongs to
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LE TALMUD CDXXV pour exposer ce qui est défendu et jusqu'à quelles limites?—Ce n'est pas tout. A ces lois que la logique déduit nécessairement de lois plus générales depuis longtemps reconnues, il faut ajouter les ordonnances d'institution récente. Un docteur déclare quelque part dans le Talmud que quelques-unes de ces ordonnances ont été considérées plus tard comme lois traditionnelles sinaïtiques. Puis, D ■ y a les mesures et les décrets (Telcanoth, GJiezêroth) que les circonstances du jour inspiraient au Synhédrin, et qui du moment de leur promulgation avaient l'autorité de lois religieuses. Ainsi se forme . cette trame infinie de prescriptions s'engendrant sans relâche et qui, acceptées avec enthousiasme par un peuple épris de ce système religieux, sont immédiatement consacrées par l'usage. Telle est l'œuvre à laquelle se dévouent les écoles, surtout dans le siècle qui précède et dans celui qui suit la destruction du second Temple. Mais alors la multiplicité des lois est telle que l'esprit embrasse difficilement la chaîne qui relie telle loi particulière à la loi primitive, biblique où traditionnelle, d'où elle dérive. L'on a recours alors à des méthodes artificielles, qui ont pour but de rattacher immédiatement au texte du Pentateuque et les lois traditionnelles primitives, et les lois dérivées, d'où qu'elles dérivent, et les lois d'institution récente. Ce sont d'abord les règles d'interprétation de Hillel, que R. Ismaèî élève de sept à treize. C'est ensuite la méthode si étrange et si hardie qu'Akiba a le.mérite d'appliquer et de développer avec une rigueur que rien n'arrête. Cette méthode repose sur ce principe que dans l'Ecriture il n'est rien de superflu, ni phrase, ni mot, ni particule, ni lettre; que jusqu'aux détails les plus insignifiants tout a une valeur propre et qu'à côté du sens simple du texte, l'esprit doit découvrir mille sens cachés, mille significations qccultes. Tel mot, contre l'usage, est écrit avecun vav; dans tel autre le vav manqué sans raison apparente; ici, le mot et fait accumulation devant des substantifs, là, la conjonction est supprimée; autant d'indices de ' choses sous-entendues; k des lois, si le verset est uu texte de loi; des faits, si le verset est d'une autre nature. La Genèse, par exemple, débute par ces mots : « Au commencement Dieu créa le ciel... » Le mot « le ciel » est précédé dans l'hébreu de la particule e/A.qui d'ordinaire est le signe de l'accusatif, mais qui parfois aussi