Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDXXI (sequence 41)
- Language
- French
- Belongs to
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LE TALMUD CDXXI moment de mourir, il dit à son fils : Abandonne lés quatre propositions que je t'ai enseignées. — Et pourquoi n'as-tu pas cédé? — C'est que je les avais reçues de docteurs qui étaient aussi nombreux que ceux qui avaient enseigné à mes adversaires les opinions contraires, et moi je soutins fermement ce que} avais appris, comme eux maintenaient leurs traditions. Mais toi, tu ri as appris ces quatre décisions que de moi seul> et les opinions d'un seul doivent céder devant celles d'un plus grand nombre. » — À ce principe ajoutez cet autre qu'à nombre égal-; les opinions des anciens l'emportent sur celles -des docteurs plus récents. Et cela est juste. Car la vérité est plus sujette à s'altérer en s'éloignant de son origine, à travers les âges; et s'il est vrai que les divergences d'opinions n'ont commencé à se faire jour que très tard, s'il est vrai que Hillel et Chammaï, au commencement de l'ère chrétienne, n'étaient en désaccord que sur trois points, néanmoins, en l'espace de trois siècles, ces divergences se sont multipliées de manière à produire cette vaste « mer du Talmud ». Or il est naturel qu'une opinion qui a passé par moins d'intermédiaires ait glus de poids que celle qui a passé par plus de boucheé. Un Amora, ou docteur postérieur à la rédaction de la Michna, ne peut donc pas prévaloir contre un Thana, ou docteur de la Michna, pas plus qu'un Thana ne peut faire triompher ujie opinion combattue par les Vibré Sqpherim, les paroles des Scribes. Avec ces principes qui dirigent la discussion, tout s'enchaîne d'une manière simple, sans que rien soit livré au hasard de l'arbitraire. La discussion se réduit à la déduction; les lois nouvelles sont donc sacrées au même titre que la loi révélée, puisqu'elles y sont renfermées implicitement. Le travail des docteurs ne consiste qu'à les en faire sortir, et ainsi s'explique cette déclaration du Talmud : « L'Ecriture, la Tradition, les décisions des docteurs et tout ce qu'un pieux disciple pourra enseigner a été donné à Moïse sur le Sinaï. » Telle est cette théorie de la tradition, théorie rèmarquable de simplicité et de rigueur, et qui repose sur une vue profondément vraie. Si la critique në peut nous apporter de grandes lumières sur l'histoire de la tradition dans sa période primitive, elle ne fait que confirmer la justesse de cette vue que le développement de la