Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDXVI (sequence 36)
- Language
- French
- Belongs to
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CDXVI ACTES ET CONFÉRENCES Les découvertes de la critique historique établissent ainsi la justesse des inductions auxquelles arrive l'observation psychologique. La nature humaine est trop faible pour atteindre au complet épanouissement de toutes ses facultés, et Tune d'elles au moins est presque toujours sacrifiée au développement ^es autres. Les uns poursuivent Tidéal du bien, les autres celui du vrai, et il est bien rare d!arriver à la fois à la perfection de la science et de la bonté. Or, ce qui est vrai de l'individu Test à plus forte raison de la foule, où les tendances se réalisent et se précisent plus puissamment. Le judaïsme en est la preuve; mais il n'en est pas la seule, et sans aller bien loin, nous trouvons l'exemple d'un semblable phénomène dans le catholicisme au moyen-âge. Lui aussi, il nous présente le spectacle de ces deux courants contraires qui emportent, les esprits, dans la rivalité de deux ordres monastiques, les Bénédictins et les Franciscains, les ordres savants et les ordres mendiants, qui mettent l'accomplissement de leurs devoirs, les uns, dans la poursuite du vrai, les autres, dans celle du bien, et qui, pour terjniner par une expression des rabbins, auraient pu dire, les uns : la vérité sauve de la mort; les autres : la charité sauve de la mort1. 1 Nous croyons utile de donner ici la nomenclature des livres qui composent la littérature Aggadique. Cette littérature ne comprend que des exégèses ou des interprétations de l'Ecriture, telles qu'on les faisait dans les synagogues ou dans les prédications populaires. On leur donnait le nom de Midrach ou explication. Les principaux recueils de Midrachim sont les suivants : La grande Pcsiktha ou Pesiktha Rabbathi, d'origine palestinienne, attribuée à R. Cahana. Le Midrach Ràbba, commentaire aggadique du Pentâteuque et des livres d'Esther, de l'Ecclésiaste, du Cantique, de Ruth, et des Lamentations'. Le Midrach Yelamdenou et le Tanhouma, sur le Pentâteuque. Le Midrach Chohcr Tob sur les Psaumes et le M* Hazita sur les Proverbes. Ces Midrachim, la plupart très anciens, ne peuvent cependant remonter dans leur rédaction définitive plus haut que le vi° siècle. Nombre de Midrachim sur les prophètes ont été perdus, ou dorment encore manuscrits au fond des diverses bibliothèques de l'Europe. Au xne siècle, un rabbin, Siméon, eut l'idée de faire Une compilation de divers Midrachim. Cette compilation qui porte le nom de Yalkout Chmeoni, ou recueil de Siméon, nous a conservé un grand nombre de . Midrachim qui autrement ne nous seraient pas parvenus.