Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDXIV (sequence 34)
- Language
- French
- Belongs to
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CDXIV M * 1 ACTES ET CONFÉRENCES pas de parler à la foule, et, laissant là tout l'appareil scientifique, de revêtir la simplicité de cœur et la naïveté des humbles auxquels ils s'adressaient. On pourrait citer des noms en nombre. Un seul suffira, celui d'Akiba, le premier rédacteur de la Michna, celui que l'admiration de ses contemporains plaça à côté de Moïse et qui, dit le Talmud, fut grand dajis la Halakha et aussi grand dans la Haggada. Néanmoins, il est facile de reconnaître là deux tendances bien marquées, deux mouvements bien distincts, et, à première yuei on peut croire que si ces. deux mouvements étaient parfois parallèles, pârfois aussi ils pouvaient se contrarier. Les docteur^ halakhistes étaient-ils tous aggadistes? Évidemment non, La Halakha et la Haggada demandaient des aptitudes opposées : c'était l'opposition naturelle de la science et de la poésie. D'un autre qôté, la Haggada devait amener insensiblement à faire prédominer le culte intérieur sur le culte extérieur, et à faire attacher moins de prix aux. pratiques et aux cérémonies. C'est là une tendance instinctive qui devait certes produire ses conséquences .dans les esprits logiques. Il j avait donc là un germe de dissidence qui pouvait grandir et amener la séparation entre les halakhistes et les aggadistes. Ces inductions se trouvent pleinement confirmées par l'étude des faits. Nous sommes heureux ici de nous abriter derrière l'autorité du savant auteur de YUssai sur l'histoire de la, Palestine : a Les habitants, de la Galilée, dit M. Derenbourg (p. 350), mal famés à cause de leur ignorance dés choses légales, paraissent avoir remplacé la subtilité de l'esprit par la chaleur dû cœur, et suppléé au défaut d'aptitude pour les joutes brillantes de la discussion scolastique par une excessive énergie des sentiments et un tour plus original que délicat de l'expression. On finit toujours par attacher peu de prix à ce qu'on ignore et à ce qu'on n'a pas pu apprendre, surtout quand le succès voiis suit néanmoins et semble vous venir précisément d'un côté dédaigné par ceux qui savent et se sont instruits. Le marchand Hanania, •qui convertit au judaïsme le jeune prince d'Adiabène, le délia sans scrupule du devoir de la circoncision, qu'il ne regarde comme obligatoire que pour les descendants d'Abraham. Les. agadistes puisaient du reste, dans Isaïe et même dans Jérémie, un certain dédain des *- »; cérémonies extérieures, dédain qui rejaillissait naturellement jusque