Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDXIII (sequence 33)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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LE TALMUJ) CDXIII caractère fantaisiste de. ses explications. Bien n'égale néanmoins la facilité avec laquelle ils l'acceptaient, car ils ne leur demandaient que d'édifier. Cependant le prédicateur appelait à son secours l'allégorie, la parabole, la légende, qui venaient se joindre au commentaire du texte et parfois même se confondre avec lui. Et comme il avait l'imagination puissante et aisée de l'Oriental, il lui suffisait de savoir parler facilement pour charmer un auditoire tout disposé à se laisser entraîner, déjà convaincu d'avance, et heureux d'entendre exprimer à haute voix les secrets sentiments de son cœur. L'orateur pouvait être un de ces docteurs de la Halakha qui s'adressaient à la communauté les jours de réunion, le sabbat ouïes fêtes, dans les synagogues. C'étaient alors de véritables homélies qui étaient prononcées. Mais le plus souvent l'orateur était le premier venu, qui arrêtait la foule sur la place et la retenait sous le charme de son improvisation. Tels sont Juda, fils de Sériphée, et Matathias, fils de Margaloth, ces victimes d'Hérode dont nous parle Josèphe, ces orateurs aimés qui avaient le don de passionner les foules §t de soulever les tempêtes populaires. « Qui veut vivre, vivre longtemps? s'écrie un Aggadiste, en pleine rue. Qui veut acheter le bonheur? » A cette question originale, la foule s'amasse et demande à l'orateur son secret. « Tu veux vivre de longs jours, répond-il, tu veux goûter le repos et le bonheur? Préserve ta langue du mal et tes lèvres de la fausseté. Recherche la paix et poursuis-la. Écarte-toi du crime et fais le bien ». Et paraphrasant ces mots du Psalmiste (Ps. xxxiv, 13^-15), il poursuit son improvisation au milieu de la foule attentive. Quelle fut, en fait, l'importance de l'enseignement aggadiste? Assurément, elle fut considérable. L'étude de la Halakha ne pouvait convenir qu'à une partie restreinte de la population juive. Sans doute lesécole&et lés académies étaient fréquentées par une foule d'élèves, avides d'entendre les enseignements des docteurs. Mais ils ne faisaient pas le fond même de la population et que restait-il à celle-ci en dehors de la prédication populaire, en dehors de ces enseignements moraux donnés par des hommes qui parlaient leur simple langage et se mettaient à leur portée? Les docteurs eux-mêmes, qui ont élevé si savamment le grand monument de la Halàkha, ne dédaignaient ACT. ET GONP., T. I. 30