Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDXI (sequence 31)
- Language
- French
- Belongs to
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LE ÏAliîÛÏ) cbxi péché primitif n'a généralement trouvé aucun écho dans l'enseignement des sages. Il est dit expressément ailleurs : « Point de mort sans péché actuel, point de douleur sans faute ». Il est dit aussi que les enfants qui meurent en bas-âge ou en naissant ont droit à la vie future. D'où vient donc le péché? Du libre arbitre de l'homme. « Tout est prévu, dit AMba, mais la liberté est donnée ». Et ailleurs : « Tout est au pouvoir d'e Dieu, excepté la crainte dê Dieu ». La destinée humaine ne s'achève pas ici-bas. Bien plus, c'est l'autre monde qui est la véritable patrie de l'âme. Car celui-ci n'est que « l'hôtellerie au bord de la route » où Ton fait un court repos. Les dogmes de l'immortalité de l'âme et de la vie future sont énergiquemênt affirmés par les docteurs, pour qui la négation de ces dogmes est une véritable hérésie. Comment, néanmoins, comprendre l'entrée dans la vie future? — Comprenez-vous l'entrée dans ce monde? Là mort et la naissance se ressemblent, disent les rabbins. Supposez que l'enfant, au sein de sa mère, sache ..qu'au bout de quelques mois il devra quitter le lieu qu'il occupe. Pour lui, cet événement paraîtra le plus douloureux qui puisse lui arriver. Il se trouve si bien dans l'élément qui l'entoure et le protège contre les influences du dehors! Cependant l'heure de la séparation approche; il voit avec terreur se déchirer ces enveloppes protectrices et .croit 1 heure de la mort arrivée. Mais au moment où il quitte ce petit monde, commence une vie nouvelle plus belle, plus grande,* plus parfaite, jusqu'au moment où une voix retentit de nouveau à son oreille et lui dit : Tu dois quitter le sein de la terre comme tu as quitté celui de ta mère, et, abandonnant cette enveloppe corporelle, encore une fois mourir, encore une fois recommencer la course de la vie. Une vie nouvelle s'ouvre pour l'homme, vie toute spirituelle, où il reçoit la récompense ou le châtiment de sa conduite d'ici-bas. « Dans le monde à venir, on ne boit ni ne mange; on n'a aucune jouissance matérielle; mais les justes sont assis, des couronnes sur la tête, et se récréent de l'éclat de la divinité ». — « Les âmes des justes, au pied du trône céleste, contemplent la splendeur de Dieu ». Celles des impies sont condamnées aux supplices infernaux. L'éter-