Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDVII (sequence 27)
- Language
- French
- Belongs to
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LE TALMUD les diverses époques du -passé semblent se trouver sur un même plan. Edoni, Nabuchodonozor, Vespasien, Titus, Hadrien, tous les ennemis de la race juive, se confondent dans une même individualité et se substituent l'un à l'autre dans ce long martyrologe de son histoire. S'il est un fait, par exemple, qui eût dû laisser des traces bien prqfondes dans le souvenir de la nation, c'était assurément la destruction de Jérusalem et de la « Maison-Sainte ». Cependant sur les diverses phases de la lutte, sur les hommes qui y prirent part et la dirigèrent, sur la catastrophe finale, on chercherait vainement de§ données claires et précises. À part quelques vagues détails où la critique en est encore à démêler la parcelle de vérité qu'ils peuvent renfërmer, on ne trouve absolument rien. Mais ce que la Haggada saurai ce sont ces légendes poétiques qui émeuvent la foule et vont au cœur. Elle vous dira l'histoire de Martha, la riche épouse du pontife Josué ben Gamala, la femme élégante et délicate à qui on appliquait le mot du Deutéronpme « La plus tendre, la plus djélicate d'entre-vous, celle qui n'osait pas poser son pied sur le sol »? et qui meurt de faim dans les rues de Jérusalem, ou qui, selon un autrç récit, est traînée à travers champs, attachée par les cheveux à la queue d'un cheval furieux. Elle vous dira l'histoire de ce Zadoc, qui pleure les maux de la patrie, et dans sa douleur, se condamne à un jeûne de quarante ans. « Il ne mangeait qu3une figue par jour, et il était devenu si maigre qu'on voyait cette figue passer à travers son gosier. » Elle vous racontera avec toute la précision possible ce que devinrent le fils et la fille du grand-prêtre Isniaël ben Elicha, après le sac de la Ville Sainte. «Ils furent vendus comme enclaves à deux maîtres voisins. — J'ai, dit le premier, un esclave d'une beauté sans pareille — Et moi, dit l'autre, je possède une esclave, la pjus belle qui se puisse voir. — Marions-le^ et nous partagerons leurs enfants; — Ils les renfermèrent, le soir, dans une cellule. Le jeunç homme resta dans un coin, la jeune fille dans l'angle opposé. L'un disait t moi, prêtre, fijs de grand-prêtre, je prendrais une esclave pour femme! L'autre disait : moi prêtresse, fille de grand-prêtre, j'épouserais un esclave! Ils pleurèrent ainsi toute 1$ nuit. Ji.11 lever de l'aurore, ils se reconnurent, se jetèrent au cou l'un de l'autre et se tinrent étroitement embrassés, jusqu'à ce que leurs âmes se fus-