Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDVI (sequence 26)
- Language
- French
- Belongs to
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CWl ACTES ET.COHÉRENCES de la parole. Les âmes des morts causent entre elles dans les cimetières. L'infiniment grand et l'infiniment petit s'entremêlent et sa confondent; à côté du Chaniir, le merveilleux insecte dont le regard fend le roc, Ton voit les monstres gigantesques, le Behèmoili, 7qi}i broute chaque jour l'herbe de mille montagnes, mais qjie Dieu a châtré pour empêcher que sa race ne détruise Joute la végétation terrestre; le Lèviaflian, dont 'la femelle, tuée par semblable précaution, entoure la terre de son cadavre, p'est Je déroulement d'une . immense féerie, où la raison, bon gré, mal gré, cède à l'imagination entraînée. Qui dira l'histoire de ces poétiques ou singulières légendes, et leurs transformations successives dans la mythologie mahométane ou chrétienne? Qui dira l'histoire de ces contes sur Asmodée, Lilith, Sammael, venus sans doute du fond de la Chaldée et qu une. pieuse tradition a conservés à travers les siècles jusqu'à nos jours. Allez au fond de l'Alsace, ou en Allemagne, ou en Pologne, pénétrez dans ces familles juives dont la civilisation moderne a peine à entamer les vieilles teoutumes; et là, dans les causeries des soirées d'hiver, une bonne vieille vous narrera avec une pieuse terreur ces récits fantastiques que ses ancêtres captifs entendaient peut-être raconter il y a deux mille ans sur les rives de l'Euphrate. Pe la légende à l'histoire, la distance n'est pas grande, surtout pour des imaginations orientales. Franchissons-la .et demandonsnous quelle est la valeur de la Haggàda comme autorité historique. Cette question admet deux réponses contradictoires, car il est tout apsgi juste (de lui reconnaître que de lui refuser une valeur quelconque, selon le point de vue auquel on se place. Espérer trpuyer dans la Haggada des chroniques exactes et miputieuses, des réçits scrupuleux .et bien circonstanciés des faits, c'est s'exposer à une complète déception. La Haggada ne connaît p^s du tout ce qu'on appelle 4 proprement l'histoire. Pour elle, la réalité et le songe se mêlent darçs jin v#gue nuage. JEUe ne paraît p^s avoiç une juste idée du temps. L'Qrient, d'ailleurs, immobile <tans son impau^tble durée, ne peut pas en avoir* cette nojbion précise que ses perpétuelles évolutions donnent si clairement $ l'homme d'Occident. C'est ainsi que