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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1889-01-01 · 4 (1889) · p. Seite CCCLXXXVIII

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Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
4 (1889)
Article
Le Talmud
Date
1889-01-01
Page
Seite CCCLXXXVIII (sequence 8)
Language
French
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CCCLXXXVW ACTES ET CONFÉRENCES Voici venir ensuite de3 formules magiques, puis des contes de démons, puis des légendes populaires. Souvent même le lien immédiat n'est pas visible. Que le hasard ait réuni deux fragments absolument disparates, cela suffisait pour le rédacteur de la Ghemara. Dans ce flux de digressions, la Michna semble oubliée; le lecteur, du moins, Ta perdue totalement de vue, tant sa pensée est emportée au loin dans cette course vagabonde que la fantaisie seule semble diriger. Mais tout-à-coup, la voici qui, comme au détour d'un chemin, revient apparaître à ses regards* Le fil est renoué; l'explication va reprendre son cours. Mais après combien d'écarts une Michna aura-t-elle épuisé sa Ghemara? <( Ce n'est qu'à la longue, dit l'auteur de l'article sur le Talmud de la Quarterty Review, ce n'est qu'à la longue que le lecteur apprend à distinguer deux puissants courants dans ce livre, courants qui parfois suivent des directions parallèles, parfois semblent se croiser et se contrarier l'un l'autre; Fun jaillit du cerveau, et l'autre du cœur; le premier est de la prose, l'autre est de la poésie; l'un suppose l'exercice de toutes les facultés intellectuelles qui se manifestent par l'argumentation, les recherches approfondies, les comparaisons, les développements, en rattachant mille choses à une seule, et une seule à mille autres^ Le second découle du royaume de la fantaisie, de l'imagination, du sentiment, de YTiumour... Le premier de ces courants se nomme HalakTia^ règle, norma, terme qu'on applique soit au procédé qui consiste à développer ces prescriptions légales, soit à ces prescriptions elles-mêmes. Le second s'appelle Haggada, légende, saga, non pas précisément dans le sens moderne du ipot,' bien qu'il s'applique à une grande partie de ses matières, mais parce que c'était un on-dit, une affirmation sans autorité... » Én effet, autant le domaine de la Halakha est nettement déterr miné, autant le champ de la Haggada est vague et mal circonscrit. C'est chose ondoyante et qui varie depuis la légende fantastique jusqu'à la sentence morale, depuis la recette magique jusqu'aux récits historiques et aux dates chronologiques. On peut la définir rigoureusement en disant qu'elle est tout ce qui n'est pas la Halakha. Celleci, au contraire, est nettement marquée; car tout ce qui est Halakha a un caractère sacré qui emporte le respect du croyant. tLa Halakha

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