Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCLXXXVI (sequence 6)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
- OCR quality
- 63% known words query
- IRI
…/1099854-5241368--429-1100247- Visual Library
- page viewer of the UB Frankfurt
OCR text
CCCLXXXVI ACTES Et CONFÉRENCES i _ / < 4 i * - R. Aché et son disciple Rabina, puis terminée par E. José vers 500. La Ghemara de Babylonie, improprement appelée Talmud de Babylom, est plus complète et plus claire que la Ghemara de Palestine, qu'on désigne plus improprement4encore sous le nom de Talmud de Jérusalem. Aussi la première a-t-elle été adoptée par la synagogue, tandis que l'autre, qui cependant est d'une plus grande valeur pour le critique, grâce à son antiquité relative, négligée par les docteurs et par les copistes du moyen-âge, nous est parvenue très endommagée, et non sans avoir perdu plus d'une page dans sa marche à travers les ans. Et. malheureusement on né possède du Talmud de Jérusalem qu'une copie manuscrite, celle qui a servi à l'édition jmncejis; aucun autre manuscrit n'a été conservé qui puisse aider à corriger son texte mutilé. Son rival de Babylone a eu un sort plus heureux: les manuscrits, quoique .le plus souvent fragmentaires, ne manquent pas, et Jusqu'en 1864, quarante-quatre éditions de ce Talmud, Michna, Ghemara et commentaires compris, toutes d'une pagination identique, répandaient, chacune "à des milliers d'exemplaires,' les 2,94*7 feuillets de ses 12 massifs in-folios. Si dans la Michna le fond de la langue est l'hébreu, on n'en peut dire autant de la Ghemara, dont la langue se rapproche bien plus de l'idiome populaire, sorte d'araméen plus ou moins corrompu. Néanmoins on y retrouve de l'hébreu Ide toutes les époques, et parfois même de l'hébreu presque'classique, selon l'antiquité des textes reproduits. L'hébreu, en effet, depuis le retour de la captivité, était une langue artificielle à l'usage des docteurs, langue qui dégénéra peu à peu en bas-hébreu et, s'imprégnant de plus en plus d'aramaïsme, finit par se confondre avec le parler vulgaire. De là viënt que souvent une même page du Talmud contient trois ou - quatre sortes de langues ou plutôt une même Jangûe à trois ôu quatrô périodes différentes de sa dégénérescence. Il n'est pas raïë de voir le rédacteur du Talmud citer une opinioïi d'un ràbbin dix ive Siècle et la confirmer en reproduisant une opinion, mot pour mot identiquet d'un docteur du ii* siècle, mais écrite en hébreu. On peut établir en thèse générale que, pour les textes reproduits . dans le Talmud, la pureté de l'expression est Un témoignage d'ancienneté.