Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1888
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXL (sequence 18)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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CCCXL ACTES ET CONFÉRENCES rare et inconnu, ne nous détourne trop longtemps de ces grands noms et de ces. grandes œuvres qui sont l'honneur du judaïsme et la raison d'être de notre Société. Que dirait-on d'une Revue consacrée aux lettres grecques, qui s'absorberait dans le dédale fatigant de là littérature d'Alexandrie et de Byzance, où les noms rayonnants d'Homère, de Platon et de Démosthène ne seraient jamais prononcés? J'ai bien peur que la Revue des études juives ne soit en train de mériter un reproche de ce genre. On dirait vraiment à nous lire que la littérature hébraïque ne commença qu'avec le Talmud, que la Bible n'est pas un livre juif, et que tout a été dit sur David, sur Job et sur Isaïe! Quelle erreur, Messieurs, si telle était vraiment la pensée de nos collaborateurs, et surtout quelle dangereuse erreur 1 Si nous délaissons nous-mêmes, de parti pris, ce qu'il y a de "pluà digne d'être étudié dans l'ancien judaïsme, comment' nous plaindre,- comment nous étonner de l'indifférence croissante que le public, le public non israélite surtout, témoigne à ces vieilles histoires? et de quel droit nous indigner, quand la malice et l'ignorance s'emparent de notre silence pour écouler impunément des affirmations audacieuses qui, en diffamant notre passé, visent en réalité notre présent et notre avenir? * Je n'exagère rien, Messieurs. Il n'y a pas longtemps, dans un recueil périodique — scientifique ou prétendu tel —, que je ne désignerai pas plus clairement, un pûbliciste qui se croit un savant, a. pu écrire, sans rire et sans rougir, que les Juifs n'avaient jamais possédé aucune des aptitudes d'un peuple civilisé, qu'ils n'avaient eu ni science, ni art, ni industrie, ni littérature profane, et qu'en dépit du préjugé théologique, leur part dans l'histoire générale de la civilisation avait été tout à fait nulle. Et savez-vous quelle était la conclusion de ce beau réquisitoire? C'est, que les Juifs modernes n'étaient point en progrès sur leurs ancêtres, que leurs âmes étaient restées closes à * tout sentiment élevé, désintéressé, national, patriotique, et qu'enfin, ce qu'on pouvait faire de mieux, puisqu'ils n'avaient pas réussi à devenir Français de coeur, c'était de les traiter en étrangers, comme on fait en Russie! Voilà, je le répète, ce qui a été dit, écrit, imprimé dans une Revue d'apparence scien-