Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1888
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXXXI (sequence 9)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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RAPPORT SUR LES PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ CCCXXXI pays de l'assemblage des pièces qui composent un jeu de patience. Cette année M. Isidore Loeb a interrogé pour nous les documents publiés par M. Blancard sur le commerce marseillais vers le milieu du xine siècle; Mf Jonas Weyl nous a raconté, d'après les arrêts des parlements et les procès-verbaux des chambres de commerce, les tribulations de nos coreligionnaires marseillais quatre cents ans plus tard; M. Pierre Vidal a terminé la triste histoire des juifs du Ëoussillon; M. Brunschwicg continue celle des juifs de Nantes, M. Lucien Lazard a recueilli le peu qu'on sait sur les juifs de Touraine1. Tous ces récits nous montrent— avec des nuances de détail et une couleur locale variable suivant les temps et les provinces — les mêmes personnages animés des mêmes passions : le seigneur avide et brutal, le marchand jaloux, l'église qui, par .; <f 1 charité, empêche la destruction des juifs, mais s'enorgueillit de leur misère et de leur humiliation comme d'Un admirable argument thëologique, enfin lâ royauté qui, moins sensible aux considérations de ce genre, se contente de pressurer les juifs, « ses juifs »,-Jusqa'au jour où, dans un accès de folie imprévoyante, elle tue la poule aux œufs d'or. Une autre observation qu'on ne peut se défendre de faire quand on approfondit cette curieuse histoire, c'est combien exagérées, ou pour mieux dire combien fausses, sont les idées qui avaient vulgairement cours, autrefois^comme aujourd'hui, sur l'importance des communautés juives, leur richesse, leur trafic et leur « usure. » A Perpignan, par exemple, YAljama est criblée de dettes, et la vente des biens des juifs, au moment de leur expulsion en 1493, ne donne qu'un produit dérisoire A Marseille, auxnr3 siècle, contre vingt-six ou vin^t-huit changeurs chrétiens, il n'y a pas un juif, les opérations commerciales des israélites se traînent dans la médiocrité et l'insi« , *. ' . . gnifiance, et parmi les clients de la puissante maison des Manduel— les Fugger marseillais — les juifs figurent surtout... comme débiteurs i « Il est très fâcheux d'être riche, conclut spirituellement 11Isidore Loeb, Les négociant? juifs à Marseille au milieu du xme siècle, XVI, 73. — Jonas Weyl, La résidence des Juifs Marseille, XVII, 96. — Pierre Vidal, L<es Juifs de Bonssillon et de Cerdagne* XVI, 1 et. 170.— L. ÏTrunschwicg, Les Juifs de Wantes et du pays nantais, XIV, 80; XVII, 125 (à suivre). — L. Lazard, Les Juifs de Touraine, Xvll,2i0.