Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1888
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXXVIII (sequence 6)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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CCCXXVIII ACTES ET CONFÉRENCES suivant. iJès lors, il n'est pas impossible que le rédacteur du livre d'Esther ait vécu sous les premiers Séleucides, plutôt que sous les derniers Achéménides, et plus d'un indice vient à l'appui de cette opinion1. Quoi qu'il en soit de cette question de date et de la question d'authenticité elle-même, le travail de M. Dieulafoy ne devra être négligé par aucun des futurs commentateurs du livre d'Esther; il a replacé les personnages dans leur cadre historique ou imaginaire, il a fait revivre sous nos yeux et le palais lui-même et les mœurs du despotisme oriental, qui se conservent dans ces pays immobiles avec une étonnante fidélité, et si jamais M. Bida entreprend une nouvelle édition du livre d'Esther, c'est à M. Dieulafoy que son crayon devra demander les éléments d'une illustration vraiment scientifique. Ce n'est pas seulement sous le mystérieux Assuérus que le caprice d'un despote perse a fait courir des dangers pressants au judaïsme oriental. En 88 avant J.-C, lorsque le roi de Pont Mithridate Eupator conquit l'Asie-Mineure, les Juifs de ce pays furent enveloppés dans la ruine des Romains, leurs protecteurs. Us ne furent pas massacrés — la chronique, du moins, n'en dit rien —, rmàiè les richesses qu'ils avaient déposées dans l'île de Cos, et qui 's'élevaient à la somme de 5 millions, furent confisquées par le vainqueur. Un'de nos collaborateurs nous a raconté l'histoire de cette spoliation et a tâché d'en expliquer les raisons secrètes * : la plus 1 Efo voici un que je n'ai pas rencontré chez les exégètes modernes. D'après le livré d'Esther, Assuérus règne sur « 127 provinces depuis l'Inde jusqu'à .l'Ethiopie *'. Ces limites sont bien celles de l'empire perse, mais le chiffre de 127 provinces aurait paru ahsurde à l'époque des Achéménides, où tout le monde devait savoir qu'il n'y avait pas plus de 30 satrapies. Sous les Séleucides, le * système des petites provinces fut substitué à celui des grands gouvernements, qui rappelaient trop les anciennes unités nationales : sous Séleucus Nicator oa comptait 72. départements de ce genre (Appien, Syr, 62); il est probable que, d'après une tendance souvent constatée en pareille matière, le nombre ne lit que 's'accroître et atteignit la centaine sous Antiochus-le-Grand. Si l'on place la rédaction du livre d'Esther vers cètte époque, le chiffre des 127 provinces d'Assuérus devient un anachronisme très explicable; les lecteurs du temps ne durent pas même le considérer comme une hyperbole. * th. Reinach, Mithridate et les Juifs, XVI, 204.