Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Le livre d'Esther et le palais d'Assuérus
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCLXXV (sequence 11)
- Language
- French
- Belongs to
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LE LIVRE FESTflER ET LE PALAIS D'ASSUÉRUS CGLXXV La théorie nouvelle soulève d'autres difficultés» Elle est contredite par les fouilles de Susé, ainsi que je le montrerai plus tard, et par le témoignage du second livre des Macchabées. Juda, lit-on chapitre xv, § 36, battit les Syriens la veille de la fête de JPowîiïi. Le jour de Mordekhaï se célébrait donc antérieurement à la défaite de Nicanor? « Il n'importe, ripostent les savants d'otitre-Khin, l'auteur du second livre des Macchabées est un médiocre conteur de légendes, indigne de créance. » De légendes, il se peut, mais ^légendes acceptées par les fils des héros qui avaient combattu sottstes ordres de Judas et de Simon. Que d'ingéniosité et d'efforts pour détruire une tradition au demeurant inoffensive! Je me suis attaché jusqu'ici à réfuter les grosses objections et à montrer combien les exégètes allemands avaient fait fausse route en promenant leur scalpel dans ce monde oriental, qu'ils dissèquent de trop loin, ou examinent de trop haut. Désormais je ne m'attarderai plus sur les festins de vin, la condition des reines, la fête de Pourtïn, l'infaillibilité royale, documents méconnus, ïnais bietf précieux pour l'histoire intime des cours achéménides. Je ne reviendrai pas non plus sur la chronologie du livre, je m'attacherai seulement aux descriptions, et me contenterai de suivre les personnages du drame à travérs le Memnonium et de signaler leur aisanôjs à se mouvoir dans ce palais d'une disposition si spéciale, ressuscité d'entre les morts après vingt-quatre siècles d'enfouissement, On suit avec un intérêt d'autant plus vif un récit réel ou fictif, on apprécie d'autant mieux les péripéties et le développement d'un drame que l'on connaît mieux la scène où l'action se déroule. Je décrirai donc, avant tout commentaire, l'acropole achéménide de Suse. Le Memnonium n'avait aucun rapport avec les demeures souveraines découvertes à Kouyoundjik, Nimroud ou Khorsabad. Il se composait de trois groupes d'appartements distincts, enveloppés chacun dans une enceinte spéciale, mais compris dans la même forteresse. ïfapadâna, ou salle du trône, ressemblait, par sa disposition et son architecture hypostyle, à un temple grec. Le roi occupait dans