Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l´année 1887
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCLVIII (sequence 15)
- Language
- French
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CGLV11I ACTES ET CONFÉRENCES les plus voisins de la source légendaire, et par conséquent les plus curieux, qui ont péri. C'est donc un véritable service que M. Neubaueï* a rendu à la science en exhumant de divers manuscrits d'Oxford et de Londres les fragments de quelques-tms de ces vieux Midrashim, conservés par des compilateurs plus récents: le plus important est le Yelamdenu, recueil qu'on a parfois, mais à tort, confondu avec le Midrash Tanhuma 1. S'il est vrai que « tous les genres sont bons', sauf le genre ennuyeux, » il faut avouer que la controverse religieuse" est un bien mauvais genre : non seulement elle ne mène jamais à rien, mais encore elle se traîne dans une ornière invariable et ressasse les mêmes textes, les mêmes arguments avéc une désespérante monotonie. Et cependant l'étude des controverses 'religieuses du passé, de ces querelles de moine à rabbin dont Henri Heine s'est si spirituellement moqué, offre un intérêt réel, qui justifie l'un de nos collaborateurs de l'avoir prise, cette année, pour sujet de sçn cours à la Sorbonne. A défaut de vérités nouvelles, elle nous fait connaître le tour d'esprit des controversistes, le genre d'exégèse que goûtait leur époque; enfin, certaines controverses ont été de véritables événements historiques : c'est par les mots qu'on commence, c'est par les coups qu'on finit. Telle fut ou faillit être l'issue de là célèbre controverse qui eut lieu à Barcelone, en 1263, devant le roi d'Aragon, entre un juif converti, Pablo Christiani, et le docte rabbin Nahmanide. On sait qu'il existe deux relations de cette controverse, émanant des deux camps opposés; naturellement chacun des adversaires s'attribue la victoire, mais*comme les moines avaient pour eux le pouvoir temporel, on fit un crime à Nahmanide de sa relation, qui paraît cependant la plus fidèle des deux. C'est ce qu'a démontré une fois de plus M. Loeb, en réponse à un pamphlet passionné du chanoine Deniflé, qui traitait le pauvre Nahmanide de menteur et de faussaire. L'attaque était si violente que M. Loeb s'est mis en colère; c'est la première fois, à ma connaissance du moins, que cela lui arrive 2. 1 Neubauer, Le Midrasch Tanhuma et Extraits du Yelamdenu et de petits mû dtascUm, XIII, 224'; XIV, 92. , *t * Loeb, La controverse de 1263 à Barcelone, XV, 1.