Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l´année 1887
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCLVII (sequence 14)
- Language
- French
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RAPPORT SUR LES PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ CCLVJI a donné naguère de si brillants résultats pour le traité Ioma : sous la rédaction actuelle, qui ne lui paraît pas antérieure au xv° siècle de l'ère chrétienne, il en a retrouvé une beaucoup plus ancienne, plus simple, plus monotone et d'une symétrie plus facile à saisir i. M. Rubens Duval a fait de la littérature syriaque son domaine propre; il étudie cette année la Peschitto, version syriaque de l'Ancien Testament, qui paraît avoir été composée au 11e siècle par des docteurs juifs. Le principal résultat de cette étude, c'est que la PescMtto a conservé des traces de targoums plus anciens, aujourd'hui perdus et rédigés d'une façon <c tendancieuse 2. » M.* Israël Lévi continue à s'occuper de la partie haggadique du Talmud. L'explication qu'il nous donne cette année de la fameuse légende de la mort de Titus paraît plus plausible que celles qu'on avait proposées précédemment; parce qu'elle est plus simple : cette moudhë qui s'introduit dans le crâne du conquérant impie et finit par le tuer serait simplement une variante édifiante de la fable Le lion et le moucheron. Cé qu'il y a de piquant, c'est que ce conte a été transposé presque intégralement dans la légende arabe^mais appliqué cette fois à Nemrod : à une certaine distance, toutes les grandes figures de conquérants, Nemrod, Nabuchodonosor, Titus, Adrien, finissent par se confondre dans l'imagination populaire 3. J'ai entendu dire que, dans certains villages d'Alsace, on raconte de Napoléon des contes juifs qui se rapportaient primitivement à Alexandre. Le Midrash ne diffère pas, au fond, de YHaggada, mais une portion seulement de la littérature midrashique nous est parvenue, et, comme toujours, ce sont les recueils les plus anciens, 1 J. Derenbourg, Quelques observations sur le Rituel, XIV, 26. 2 Rubens Duval, Notes sur la PescMtto, XIV, 48 et 277. Voir notamment la transcription du dernier verset du psaume xn, où Ton a glissé une allusion à Rome; puis l'explication des mots difficiles lar-eggara (le démon des lunatiques, littéralement : « le fils du toit ») et semadar (œnanthe, fleur de la vigne sauvage). Du même auteur : Compte rendu de l'édition, par Rahlfs, du Commentaire de Barhelreus sur les livres salomonigues, XV, 155. 3 Israël Lévi, La mort de Titus. XV, 62. Du même auteur Ormw et Âîiriman, XV, 112 (commentaire d'une page du Talmud par un texte pehlevi récemment publié).