Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l´année 1887
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCXLVII (sequence 4)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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RAPPORT SUR LES PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ CGKLJlt à l'école protestante ses procédés les plus hardis. Eji revanche, quand les questions de date et d'authenticité sont en jeu, il combat systématiquement tous les résultats de cette école, il maintient fermement envers et contre tous la haute antiquité et l'unité d'origine de la plus grande partie du Pentateuque. Avec une bravoure déconcertante, M. Halévy porte volontairement le débat sur les terrains où la position de ses adversaires paraît la plus forte. Par exemple, aux chapitres IV et v de la Genèse, on sait que les mêmes personnages figurent tour à tour dans la généalogie de Caïn et dans celle de Seth. Ni ces répétitions, ni des contradictions flagrantes ne peuvent persuader à M. Halévy qu'il y ait là deux traditions différentes inconsciemment juxtaposées par le dernier rédacteur; un peu plus, c'est précisément dans ces inconséquences qu'il verrait la preuve de' l'unité de composition du texte. Je ne dis pas que les arguments de M. Halévy soient tous convaincants, mais ils sont aussi subtils que bien présentés, ils troublent et font réfléchir : c'est peut-être tout ce que l'auteur a voulu. Tant que M. Halévy cherche à expliquer la Bible par la-JBible, chacun de nous peut, s'il lui plaît, vérifier, textes en main, ses arguments et se faire sur la question uiié opinion personnelle. Il en est autrement dès qu'il fait1 appel aux, ténébreuses lumières de Tassyriologie et des sciences voisines. Ces études nouvelles sont restées jusqu'à ce jour le domaine exclusif d'un très petit nombre de savants, qui ne parviennent pas encore à s'entendre sur les principes fondamentaux. Quelle peut être alors notre attitude à nous autres profanes? Ecouter,, apprendre et nous taire. C'est ce que nous faisons, par exemple, quand M. Halévy cherche à démontrer par l'analysé des noms de lieux et de personne^ le caractère sémitique de la langue des Hittites, ou quand, pour établir la véracité d'un récit de la Genèse, il identifie l'ennemi d'Abraham, Koudour Lagomor, avec un roi d§s inscriptions babyloniennes, dont on lisait jusqu'à présent le nom Kondour Maboug : il paraît qu'en babylo- . nien Maboug a le même sens que Lagomor\ Tout cela est possible, et, puisque M. Halévy le dit, cela doit être vrai, mais quel étrange idiome, en vérité, que celui où de pareilles confusions pouvaient se produire! Appliquez ce système à la langue française, et vous en