Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- Les monnaies juives
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CLXXXIX (sequence 9)
- Language
- French
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LES MONNAIES JUIVES CLXXX1X Ici uTie observation importante. Quand les Macédoniens conquirent la Syrie méridionale (Pliénicie et Palestine), ils y trouvèrent établi un système de poids et de' mesures appelé phénicien et venu en droite ligne d'Assyrie; dans ce système, commun aux Juifs et à Fig. A. leurs voisins, l'unité de poids, le sicle (sîielceï) ou statère, pesait environ 14 grammes.. Au contraire, Alexandre avait adopté pour ses monnaies et répandu partout sur son passage le système dit attiqiie, dans lequel le tétradrachme ou statère d'argent pesait environ 17 grammes1. Le système attique fut d'abord introduit en Syrie, mais il mécontenta les populations, habituées à compter suivant le système phénicien; aussi, quand les Ptolémées se rendirent maîtres de la Palestine, ce fut ce dernier système qu'ils y rétablirent et qu'ils adoptèrent même pour l'Egypte, Un siècle 1 II ne faudrait pas croire que le système phénicien fût une dégradation du système attique : c'est le contraire qui est vrai; le système attique, qui vient aussi de Ninive, mais par une autre voie, a subi plusieurs altérations avant sa fixation par Solon et depuis; le système phénicien, grâce à, l'activité commerciale de la Phénicie, est -resté à peu près immuable. Gomment donc expliquer ce résultat paradoxal? C'est que le statère phénicien ou sicle'est en réalité un didrachme (c'est toujours par ce mot que les Septante rendent l'hébreu shekel), et le demistatère (ou demi-sicle), une drachme; quant aux tétradrachmes, ce spnt ces grandes pièces de 28 gr., vulgairement appelées ociadrachmes, qui furent frappées, à Sîdon et ailleurs sous la domination perse. Maintenant, comme', dans le système attique, on donna le nom de statère au tétradrachme de 17 gr. et que les vrais tétradrachmes phéniciens cessèrent d'être frappés à l'époque grecgue, il n'y a aucun inconvénient, pour faciliter le langage, à considérer les mots tétradrachme et statère comme synonymes, même dans ie système phénicien. C'est ce qui se fit d'ailleurs en pratique, et voilà pourquoi, à l'époque romaine, le mot didrachme équivaut à demi-sicle et non à sicle. Dans la Mishna, le mot sicle est pris au sens de demi-sicle (didrachme); le tétradrachme ou statère s'appelle séla.