Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La Syrie avant l'invasion des hébreux d'après les monuments egyptiens
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CLXXV (sequence 12)
- Language
- French
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LA SYRIE AVANT L'INVASION DES IJÉBREUX GLXXV » à terre, et tu te meurtris à grand douleur l. » Au passage du Liban, les Bédouins sont en embuscade; les hyènes et les ours rôdent autour du campement pour enlever les chevaux. Aucun cle ces périls ne rebutait le voyageur : les marchandises cahotées, menacées, défendues jour après jour, finissaient par arriver à destination, La Voie de mer, plus difficile encore, si l'on songe à ce qu'étaient les bateaux de l'époque, n'était pas moins fréquentée. Les flottes chargées des denrées de l'Egypte cinglaient vers les ports de Syrie, et les escadres phéniciennes, remontant le Nil, venaient se décharger à Tanis et dans les villes du Delta, peut-être à Memphis. C'était un va èt vient" perpétuel. Les produits de l'Asie centrale, ceux mêmes de l'Europe boréale, l'ambre et l'étain^ passaient de main en main jusque dans les bazars des cités syriennes ét de là s'embarquaient pour l'Egypte. Le pays de Chanaan était comme un vaste entrepôt où l'Afrique se rencontrait avec l'Europe et l'Asie. Riche, par le sol même, il augmentait encore sa richesse par V habileté de ses artisans et la hardiesse de ses matelots. Comment s'étonner -.j s'il suffit aux pillages réguliers que l'Egypte lui infligea pendant des siècles. Son organisation militaire n'était pas, en effet, à la hauteur de son industrie, et ne lui permettait pas de défendre efficacement ce qu'il savait si bien gagner. Non que la vaillance ou l'esprit militaire lui fissent défaut : ses peuples étaient toujours en guerre l'un contre l'autre, et, par conséquent, s'entendaient aussi bien que personne au maniement des armes. Mais l'émiettement de leurs forces les condamnait à la défaite çn présence de l'étranger. En vain leurs chefs, oubliant leurs discordes pour un moment, se liguaient afin de résister à l'ennemi commun : leurs contingents, sans cohésion, sans unité de commandement, ne tenaient pas devant les régiments compacts et bien dirigés des Égyptiens, même inférieurs en nombre. Les Khiti seuls pouvaient mettre en ligne des masses profondes : ils balancèrent plus d'une fois la victoire, et obligèrent Ramsès II à les traiter d'égal à égal. S'ils étaient parvenus à rallier autour d'eux toutes les tribus du nord et du centre et à former un état -1 Papyrus Anastasi, I, pl. xxm, 1. 7; pl. xxv, 1. 2.