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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1887-01-01 · 2 (1887) · p. Seite CLXXIV

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Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
2 (1887)
Article
La Syrie avant l'invasion des hébreux d'après les monuments egyptiens
Date
1887-01-01
Page
Seite CLXXIV (sequence 11)
Language
French
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GLXXIV ACTES ET CONFÉRENCES Le commerce entre les deux nations se faisait principalement par caravanes nombreuses, mais il n'était pas rare de rencontrer des marchands isolés ou voyageant par petites troupes. On entretient, en général, des idées assez fausses sur la prétendue immobilité des nations anciennes et notamment des Egyptiens. Loin d'être casaniers, les gens d'autrefois recherchaient les aventures autant et plus peut-être que nos contemporains. Les fellahs sont sans cesse en mouvement aux bôrds du Nil, et l'Egypte actuelle est envahie par les domestiques et par les drogmans syriens. Les Thébains de la xviii6 dynastie et des dynasties suivantes enseignaient les dialectes cananéens à leurs enfants, et cette éducation les préparait, soit au service officiel, soit au commerce lointain. Sans doute, les dangers qui les attendaient dans leurs courses étaient des plus sérieux. - Entre la frontière d'Egypte et Gaza, les Sittiou étaient toujours prêts au pillage. La route était à peu près sûre entre Gaza et Joppé, mais entre 'Joppé, Àko et Mageddo s'étendait une immense forêt dont les croisés de Richard Cœur-de-Lion traversèrent l'épaisseur, avant d'arriver au champ de bataille d'Arsouf. On cheminait sous bois, l'arc prêt à jouer, et le danger redoublait à franchir les défilés du Carmel. « Toi cependant, tu es seul, sans guide, sans troupe à » ta suite, et tu ne trouves pas de montagnard qui t'indique la di- » rection que tu dois prendre; aussi l'angoisse s'empare de toi, tes » cheveux se dressent sur ta tête, ton âme passe tout entière dans » ta main, car la route est pleine de roches et de galets, sans pas- » sage frayé, obstruée de houx, de ronces, d'aloès, le précipice d'un » côté, la montagne abrupte de l'autre. Tandis que tu chemines, » ton char cahote sans cesse, ton cheval s'ébroue au moindre choc; » s'il se jette .brusquement de côté, ton timon est jeté avec lui, les •» rênes sont arrachées violemment de ta main, et on tombe; si, » tandis que tu pousses droit devant toi, le cheval arrache le timon » au plus étroit du sentier, il n'y pas moyen de le rattacher, et tu » ne peux le rajuster, le joug reste en sa place, et le cheval s'alour- » dit à le porter. Ton cœur se lasse enfin,'tu te mets à galoper, » mais le ciel est sans nuage, tu as soif, l'ennemi est derrière toi, » tu as peur, et dès qu'une branche épineuse d'acacia te happe au » passage, tu te jettes de côté, ton cheval se blesse, tu es précipité

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