Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La Syrie avant l'invasion des hébreux d'après les monuments egyptiens
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CLXXII (sequence 9)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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CLXXU ACTES ET CONFÉRENCES dans la langue qu'on parlait à la cour des Pharaons thébains; certains manuscrits de l'époque des Ramessides en sont tellement remplis qu'on est presque tenté de les croire écrits par des gens d'origine syrienne. Je ne doute pas qu'il en fût de même à la cour des princes phéniciens et des rois de Khiti et qu'on trouvât dans les ouvrages de leurs scribes beaucoup de mots empruntés à l'égyptien; mais ces ouvrages, où sont-ils aujourd'hui? Tout ce qu'on en, peut dire, c'est qu'ils étaient rédigés en deux systèmes d'écriture différents. Celui dont se servaient surtout les Khiti et les peuples delà Syrie du nord soumis à leur domination est encore mal connu; les rares inscriptions qui nous en ont été conservées nous montrent des hiéroglyphes qui ne ressemblent en rien aux hiéro-* glyphes de l'Egypte. L'autre, en usage chez les Phéniciens, dérive, au contraire, de l'écriture égyptienne et a donné naissance à presque tous les alphabets connus du monde entier. Le prince de Khiti avait auprès de sa personne un historiographe chargé de rédiger le récit de ses exploits. Nous rencontrons dans un traité de médecine égyptienne des recettes empruntées à un écrivain de Byblos, et nous savons qu'il y avait dans les sanctuaires de Phénicie des livres de théologie. Chose curieuse, le seul monument de cette époque ancienne qu'on puisse attribuer avec quelque certitude à un scribe syrien est un instrument diplomatique, le traité conclu entre Ramsès II et Khitisarou, prince de Khiti, encore ne nous est-il parvenu qu'en traduction égyptienne. Le reste a péri sans retour. La culture intellectuelle paraît avoir été l'apanage des deux peuples principaux, Phéniciens et Khiti : la civilisation matérielle était à peu près égale sur tous les points du pays. — Sans doute, aucun des objets qu'on fabriquait alors à Damas, à Tyr, à Alep, à Karkémish, ne nous a été conservé directement; mais les registres des administrations égyptiennes nous donnent de longues listes d'objets importés de Syrie au bord du Nil, et les tableaux des temples et des tombeaux nous montrent les figures d'une partie de ces objets et le costume des gens qui les apportaient au vainqueur. Ce sont d'abord les produits naturels du sol. L'Egypte est peu boisée : le Liban lui envoyait ses bois d'ornement et de construction, le cyprès, le cèdre, le chêne, le sapin. Alep avait des marais salants, ✓