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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1887-01-01 · 2 (1887) · p. Seite CLXIII

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Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
2 (1887)
Article
Sectes juives de la Galicie
Date
1887-01-01
Page
Seite CLXIII (sequence 23)
Language
French
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SECTES JUIVES DE LA GALICIE GLXIII Enfin, la comtesse rompit le silence : « 0 Abel, mon pauvre mari, le père de mes enfants est mort; notre demeure est détruite, et pas un sou! Il ne nous reste d'autre ressource que d'aller mendier, moi et mes enfants! « Comment? s'écria Abel. » Je ne puis, sans argent, songer à rétablir ce que l'on a détruit, et mon mari ne nous a rien laissé, rien, absolument rien I » Abël se redressa. Un doux sourire illumina son beau et sévère visage. Il glissa sa main sous son grossier vêtement et en tira un grand portefeuille rouge. « Vous n'avez pas besoin de mendier, dit-il, vous n'êtes pas pauvre, comtesse. Nous rebâtirons la maison» Yoici l'argent que m'a confié Monsieur le comte », et il donna à la comtesse le portefeuille contenant les 200,000r francs. La comtesse, interdite, le regarda un instant. Tout d'abord, elle ne comprit pas ce grand caractère. Mais ensuite, les yeux pleins de larmes, elle se jeta dans les bras du vieux Karaïte, qui la reçut comme un patriarche. Abel conduisit ensuite la comtesse et les enfants dans sa maison, la priant de rester chez lui, jusqu'à ce que le petit château fut rebâti. Il mit grande hâte à trouver les ouvriers nécessaires. Le lendemain même, on commençait à enlever les décombres, à apporter les briques et les poutres, à préparer le plâtre, et cent bras travaillaient avec ardeur pour faire Sortir de ces ruines un nouvel édifice. Le vendredi suivant, au commencement du sabbat, Abel s'habilla avec un soin tout particulier. Il s'avançait vers la synaguogue avec une dignité où se mêlait quelque fierté. Il entra la tête haute dans lé teinplé de Dieu, où, au-déssus dé la porté, sé trouvaient ces mots : «v C'est la porte de Jéhoyah , les justes seuls peuvent là franchir. »

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