Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- Sectes juives de la Galicie
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CLX (sequence 20)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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CLX ACTES ET CONFÉRENCES hébraïque d'Upsala, Perringer von Lilienblatt, pour étudier les Karaïtes et leur acheter quelques-uns de leurs livres et de leurs manuscrits. Jakob Trikland, professeur à Leyde, écrivit, en 1698, une lettre aux Karaïtes de la Pologne, en leur adressant quelques questions. Un Karaïte savant, Mardochée ben Nissa, de Krosny-Ostro, en Galicie, lui répondit dans un livre intitulé Dod Mardochée. Ce livre fut imprimé in-folio à Constantinople, et parut à Leipsick, en 1714, avec une traduction latine de Wolf. Le comte Tadée Zaki a publié une étude très profonde sur les Karaïtes de Pologne et dit qu'il est impossible de connaître l'époque à laquelle ils émigrèrent en Pologne. Ils reçurent les premiers privilèges du roi Sigismond Ier, à Luzk, en Volhynie; plus tard, d'Etienne Bathory, dans la ville de Halicz, en Galicie. Vitold, grand duc de Lithuanie, fit ëntrer au xine siècle 383 familles karaïtes de la Crimée à Trozki, et Kasimir Jagelon leur accorda de grands privilèges en 1441. Le comte de Zaki ajoute : « Il est prouvé par des documents que, depuis quatre siècles, aucun Karaïte n'a été puni par la justice en Pologne. » Le même hommage leur est, du reste, rendu par la statistique autrichienne. Les Karaïtes rejettent la pratique du serment, le code , autrichien leur permet de donner simplement une poignée de mains aux juges, à la place du serment. Cette simple poignée de mains d'un Karaïte vaut mieux que le serment prononcé par d'autres. Comme le Karaïte ne veut pas verser le sang, il était exempt autrefois du service militaire. Depuis que le service est obligatoire, on leur a permis de faire le service dans le corps des ambulances; ce que d'ailleurs ils font avec plaisir. Ainsi le Karaïte qui ne déchargerait pas son fusil sur le champ de bataille et se laisserait tuer tranquillement, se jettera au milieu du feu pour secourir les blessés. Permettez, maintenant, Mesdames et Messieurs, qu'avant de finir cette courte étude, que peut-être-vous aurez trouvée trop longue, le romancier vous rapporte une histoire qui vous fera comprendre