Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1886
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CXXVI (sequence 10)
- Language
- French
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CXXVI ACTES ET CONFÉRENCES Louis XIV et de Louis XV. Quelques-uns de ces négociants avaient obtenu, presque par surprise,la protection diplomatique de la France pour leurâ biens et pour leurs personnes. Malgré la vive opposition des marchands chrétiens de Marseille, qui accusaient les Juifs de détourner le trafic vers les ports italiens, ce bénéfice fut maintenu et progressivement étendu à un plus grand nombre de familles. On obéissait d'abord à un motif fiscal, les Juifs protégés payant un droit de consulat de 2 pour 100 sur leurs marchandises; plus tard on s'inspira surtout du désir de ne 'pas jeter les israélites dans les bras d'une puissance rivale de la France. Cette sage politique a porté ses fruits. Elle a valu au judaïsme levantin une protection efficace dans mainte circonstance, et à la France une clientèle reconnaissante, qui est aujourd'hui l'un des soutiens de son influence économique et morale en Orient. M. Bloch s'est occupé des origines de la communauté d'Oran. Cette communauté ne date que de l'époque où la domination musulmane remplaça à Oran la domination espagnole. Créée en 1792* organisée officiellement en 1801, elle compta bientôt des commer¬ çants actifs et des diplomates volontaires qui jouèrent parfois un rôle curieux dans les intrigues de l'époque napoléonienne. Il y eut dès lors dans cette population aujourd'hui française des partisans dévoués de la France, une femme entre autres, la belle Hanina, maîtresse d'un bey d'Oran, qui,après avoir rendu à notre diplomatie des services signalés, périt sur le bûcher, en 1813, enveloppée avec ses fils dans la disgrâce de son protecteur. Signalons encore dans le domaine du judaïsme oriental une note où M. Schreiner a réuni les principaux renseignements fournis sur les Juifs des derniers temps du gaonat (xe siècle) par Al Berûni, le plus exact et le mieux informé des historiens arabes sur ce sujet1; puis le récit de la plus ancienne accusation de sang rituel portée contre les Juifs de Roumanie (à Niamtz, en Moldavie, Tan niO *). Elle a pour auteur un jeune savant dont le nom seul nous rappelle 1 Martin Schreiner, Les Juifs dans Al-Herùni, XII, 253. 1 E. Schwarzfeld, Deuso épisodes de Vhistoire des Juifs roumains, XIII, 127. (Le second épisode est relatif à la reconstruction de la synagogue de Niamtz en 1776.)