Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La prédication juive contemporaine en France
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CVI (sequence 12)
- Language
- French
- Belongs to
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CVI ÂCTtfS Et CONFÉRENCES ces poignantes Selichoth, où retentit comme une plainte éternelle, et qui nous arrachent encore des larmes aujourd'hui I Gomme ils sortaient de là animés d'une nouvelle énergie pour affronter de nouveaux dangers 1! ■ Au même titre que les récits de l'histoire, les légendes pieuses devaient solliciter l'attention de nos prédicateurs. On sait que l'imagination d'Israël a déployé une fécondité extraordinaire dans l'invention des contes édifiants, et l'on ne s'étonnera pas que les orateurs religieux aient puisé à pleines mains dans cet inépuisable trésor, pensant avec raison que ces belles histoires, si caractéristiques, ne manqueraient pas de piquer la curiosité de leurs auditeurs ou de réveiller chez eux ces souvenirs d'enfance, toujours si chers au cœûr de l'homme. Si Peau d'Ane m'était conté, J'y prendrais un plaisir extrême. Les légendes juives ont sur Peau cVAne bien des avantages. Beaucoup moins compliquées que le vieux conte, elles sont beaucoup plus morales et plus instructives. Ce ne sont point des fées ridicules ou frivoles qui y remplissent les premiers rôles; c'est Dieu, les anges, les patriarches : le merveilleux est là d'une incomparable 'grandeur. Mais toutes ces histoires ne sont pas merveilleuses; beaucoup mettent en scène des hommes; — des rabbins, des sages, je le veux ■— quoi qu'il en soit, des1 hommes, qui, comme iiotïs, sont heureux ou'malheureux, comme nous souffrent ou espèrent, aux faiblesses desquels nous pouvons compatir, sans qu'il nous soit permis de récuser l'exemple de leurs vertus. Et comme ces personnages sont vivants! vivants comme foutes les créations de l'imagination populaire. Ici les exemples abondent; mais je ne veux citer qu'une seule de ces histoires, une des plus touchantes que nGS prédicateurs nous aient racontées : elle êât bien célèbre, mais j'espère que ceux mêmes d'entre vous pouf qui cette citation ne seta pas nouvelle,, ne rentendront pas cependant encore une fois sang plaisir. Un samedi que Rabbi Méir enseignait la loi â ses disciples, ses deux 1 Zadoc Kabn, Sermons et allocutions!, lre série, p. 161.