Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La prédication juive contemporaine en France
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite XCVI (sequence 2)
- Language
- French
- Belongs to
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XGVI ACTES ET CONFÉRENCES que le professeur tout seul est exposé aux mauvais points. Au reste, pour discuter avec compétence de la prédication juive contemporaine en France, il faudrait être sans doute un érudit théologien : je ne suis ni théologien, ni savant. Simple fidèle, profane même, si Ton veut, confondu dans la foule, j'ai entendu beaucoup de sermons juifs; grâce à l'inépuisable obligeance de M. Zadoc Kahn, de M. Isidore Loeb, de M. Israël Lévi, j'en ai lu davantage encore : j'ai voulu, pour ma propre satisfaction, essayer de noter les enseignements généraux qui se dégageaient de tous ces discours, ainsi que les traits précis qui leur sont communs et par lesquels la prédication juive paraît se caractériser; et c'est le résultat de ce modeste travail que je vous apporte ce soir. Le public nourrit généralement d'assez fortes préventions contre l'éloquence religieuse. Tandis que les autres œuvres littéraires diffèrent entre elles suivant le temps où elles ont paru, le pays qui les a vues naître, le génie des auteurs qui les ont produites, on affecte de croire qu'un sermon ressemble nécessairement à tous les sermons, que, forcés de développer toujours les mêmes thèmes, les prédicateurs ne se distinguent que par les mérites de l'expression, et qu'ils restent tous, comme on l'a dit de l'un d'eux, des diseurs plus ou moins sublimes dë vérités ordinaires. On connaît la jolie boutade que M.. Emile Augier prête à son Giboyer1. Mmo de La. Vieuxtour'. — Le P. Vernier a été admirable ce matin, Y étiez-vous, M. de Vrillière? Le comte de Vrillière. — Je n'ai pas pu entrer... Mm0 de La Vieuxtour.—Vous avez perdu. 11 a eu sur la charité des pensées si touchantes, si nouvelles! Giboyer, à part. — A-t-il dit qu'il ne faut pas la faire \ Eh! non sans doute, le P. Vernier n'a pas dit qu'il ne fallût pas faire la charité. Mais si le P. Vernier est un grand orateur, c'est par des raisons que lui seul pouvait trouver, ou auxquelles les gens de son temps et ceux qui partagent sa foi seuls pouvaient s'intéresser, qu'il a essayé de faire comprendre comment et pourquoi il nous faut aider, servir, aimer les misérables; c'est par des arguv 1 Le fils de Giboyer, IV, 6.