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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1886-01-01 · 1 (1886) · p. Seite LXV

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Image: UB Frankfurt, Visual Library (IIIF)
Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
1 (1886)
Article
Le juif au théâtre
Date
1886-01-01
Page
Seite LXV (sequence 17)
Language
French
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LE JUIF AU THÉÂTRE LXV , A quoi le Juif répond qu'il ne peut pas avoir la prétention d'obliger son domestiqué à penser mieux que le reste des chrétiens. Il n'a qu'à lui régler ses gages. Et c'est ce qu'il fait en y ajoutant le don d'une tabatière pour le consoler de son juste désappointement. Mais ce trait va au cœur de Christophe : Christophe. — Eh bien, non, par le diable, il y a aussi des Juifs # qui ne sont pas des Juifs!... Vous êtes un brave homme... Topez là! Je reste avec vous... Un chrétien m'aurait donné du pied quelque part... et pas de tabatière! La publication des Juifs donna lieu à une polémique plus curieuse encore que la pièce même. La Gazette littéraire de Gœttingen critiqua cet ouvrage en déclarant que le caractère du principal personnage était hors de toute vraisemblance. « Comment admettre, dit le correspondant de la Gazette, qu'il puisse exister un homme d'une probité si délicate dans une nation dont les principes, l'éducation et les mœurs y sont si opposés? D'ailleurs, quand il se trouverait parmi les Juifs une âme assez heureusement née pour s'élever par elle-même à un si haut degré de perfection, n'en serait-elle pas empêchée par les traitements cruels que toute la nation éprouve de la part des chrétiens, et ces traitements ne suffiraient-ils pas à les lui rendre odieux ou pour le moins indifférents? » Que dites-vous de ce raisonnement? La suijte en est tout indiquée : « J'ai tant battu mon chien qu'il doit être enragé; donc je vais le jeter à l'eau. » Le grand ami de Lessing, le sage Moïse Mendelssohn, ne pouvait pas rire de ce sophisme comme nttas le ferions aujourd'hui. Il répondit à l'article de la Gazette de Gœttingen par une lettre toute vibrante d'indignation : « Qu'on continue, s'écrie-t-il, à nous faire gémir dans la servitude et l'avilissement au milieu des citoyens libres et heureux, qu'on continue à nous rendre l'objet de l'horreur et du mépris du monde; mais qu'on ne nous conteste pas au moins le droit de chérir la vertu! Quelle misère! Toute la moralité de nos actions est donc perdue? La nature n!a donc été pour nous qu'une injuste marâtre puisqu'elle nous a refusé, dit-on, ce qu'elle a donné à tous les hommes : l'amour et l'instinct du bien! » ACT. ET CONP., T. I. 5

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