Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 1 (1886)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1884-1885
- Date
- 1886-01-01
- Page
- Seite XXXVII (sequence 18)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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RAPPORT SUR LES PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ XXXVII tiques, et à éh faire bonne et prompte justice. Par dessus tout, le judaïsme lui-même est là «pour répondre par ses actes, par son travail et par ses œuvres. Mais lorsque la calomnie, plus habile et plus perfide, assume des dehors scientifiques et désintéressés, laisse de côté le présent du judaïsme pour s'attaquer à son passé, qui est mort et ne peut répondre, lorsqu'elle tâche de faire sortir d'une peinture, volontaire- - ment ou involontairement mensongère de ce passé, des inductions sur notre avenir, c'est alors que la parole appartient à notre Société et aux fondations analogues à la nôtre. A nous revient le devoir de justifier ce passé, qui pèse sur nous de tout le ppids de vingt siècles d'oppression et de dénigrement systématiques, à nous le devoir de le justifier non par des déclamations banales, non par des affirmations ou des dénégations sans preuves, auxquelles on pourrait opposer d'autres affirmations et d'autres dénégations, mais par un solide faisceau de faits et de documents authentiques, recueillis par l'érudition, éclairés par la critique, vivifiés par le; talent, où la malice elle-même ne puisse trouver de prise ni au doute, ni à la controverse. Voilà la seconde partie de notre tâche; j'ose dire que nous l'avons comprise et que nous nous en acquittons aussi consciencieusement que de la première. On entend répéter tous les jours, et par des gens d'ailleurs fort instruits, que le juif du moyen âge n'était qu'un être gonflé d'orgueil de race et de mépris pour les autres hommes, sordide dans ses habitudes, paresseux et improductif, n'ayant d'aptitude et de goût que pour le lucre "et pour l'usure, mauvais soldat par poltronnerie native, mauvais citoyen par son détachement de l'idée de patrie. Que reste-t-il de ces opinions toutes faites pour quiconque a lu attentivement nos publications, fût-ce celles d'une seule année? Vous êtes maintenant en mesure de répondre à cette question. Lorsque M. Hild nous montre, pièces en main, que, parmi les nombreuses critiques plus ou moins vagues adressées au judaïsme par le paganisme romain, le reproche de cupidité et d'usure ne figure p^s une seule fois, nous pressentons que l'usure a été chez le juif du moyep âge, non un vice de nature, mais un viçe acquis et j