Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 1 (1886)
- Article
- Le péché originel et la femme d'après le récit de la Genèse
- Date
- 1886-01-01
- Page
- Seite XVIII (sequence 14)
- Language
- French
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XVIII ACTES ET CONFÉRENCES devrait avoir dans sa maison une chapelle où, trois fois par jour, il adresserait des prières à sa femme, à' sa mère et à sa fille, même si elles sont vivantes. C'est non seulement la femme devenue l'objet d'une religion, c'est cette religion elle-même élevée jusqu'au mysticisme. On eu a bien rabattu à l'heure présente, ôt ce n'est point précisément sous des couleurs mystiques que la plupart des romanciers de notre temps nous peignent la femme. Mais les protestations qui se sôtit fait entendre à travers tous les siècles contre son abaissemèiit d'autrefois, île seraient pas moins légitimes contre celui que lui infligent dans ce moment, en spéculant sur une curiôsité malsaine, un si grand nombre d'écrivains. Sous prétexte de progrès, il3 retournéttt dans la nuit du passé et renouvellent sous un autre nom, celui de naturalisme, la tradition défigurée que j'ai essayé de combattre. Il y a ici deux opinions â éviter qui sont également contraires à la justice, à la raison, â la rérité morale, a l'iûtérêt bien eûtenàu de la société. La fémmé n'est pas d'essence divine ou d'une composition plus rare que celle de l'homme, ainsi que le répètent quelques-uns des survivants de don Quichotte. La femme n'est pas non plus cette iïlère du péché, cette conseillère du mal, cette personnification de la sëdùctîôn et du vice que se plaisent à nous peindre sous ces traits les théologiens de la vieille école et les romanciers de la nouvelle. Elle ti'est ni supérieure ni inférieure à l'homme; elle est son égale, mais elle n'est pas exactement sôn semblable; je veux dire qu'eïte nTést pas et ne doit pas être sa copie. Les facultés qu'elle partage aVec lui Ont lin autre emploi que celui qu'il leur donne. Elle ït'ôst faite ni pour la vie dés camps, ni pour les discussions du barreau, ni pour les luttes de la tribune, ni pour les rudes travaux de Fin-* dustrie et de l'agriculture, ni, je pense, pour les cris sauvages qui refcéntissent dans les clubs et lés meetings politiques; elle s'y éïirôuerait et ferait mentir ôe joli mot de Labrûyère : « La plus dôucè harmonie est la voix de celle qu'on aime, n À-t-elle été créée pour les fatigues, d^esprit qu'on lui impose de nos jôurr, pour être baché- Mère, doctoresse, agrégée; pour être gorgée d'algèbre, de physique et de philologie cômparée? je nè le crois pas. Ce serait tin crime,