Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 1 (1886)
- Article
- Le péché originel et la femme d'après le récit de la Genèse
- Date
- 1886-01-01
- Page
- Seite VI (sequence 2)
- Language
- French
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- IRI
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VI ACTES ET CONFÉRENCES nier, ce n'est pas Sans l'expresse volonté de l'homme et dans une plus grande proportion que lui. Mais il faut d'abord que nous sachions ce que les théologiens les plus autorisés entendent par le péché originel et de quelle manière ils supposent que Dieu y a porté remède. Il est "bien entendu que, en touchant à cette grave matière, je n'ai pas la prétention de me donner moi-même pour un docteur en théologie. Je m'en exprimerai librement, comme il est permis de le faire dans une causerie écoutée avec bienveillance par une réunion indulgente et éclairée. C'est notre ancien coreligionnaire Saûl, plus connu sous le nom de saint Paul, qui, le premier, a parlé de la faute commise par Adam comme d'un péché imputable à tout le genre humain, comme d'un crime mystérieux qui, ayant passé d'un seul à tous, doit aussi être racheté, non dans tous, mais dans un grand nombre, par le mérite d'un seul, celui qui est, selon sa croyance, le Fils de Dieu fait homme et mort sur la croix pour le salut des hommes *. Deux conditions sont nécessaires pour être compris dans cette œuvre de rédemption : la foi et la grâce; il faut croire au mystère de l'incarnation et avoir été choisi par une faveur gratuite d'en haut pour faire partie du nombre des élus. La doctrine de saint Paul ne passa pas dans la théologie chrétienne sans contradiction et sans résistance. Parmi ceux qui lui firent échec, soit en la négligeant comme si elle n'existait pas, soit en la combattant directement, on compte un père de l'Église du m* siècle, Origène et un moine de la fin du iv% Pélage. Rien de curieux et de poétique comme les idées d'Origène, un disciple du philosophe juif Philon, sur l'origine étales destinées des âmes. Il croyait que toutes ont été créées à la fois, également libres, également instruites de la route qui conduit au bien et au vrai, également capables de la suivre. De plus, il les supposait toutes unies à un corps éthérê, glorieux, qui, loin d'être un obstacle aux sublimes contemplations et aux élans du pur amour, leur servait d'instrument. Cependant, un grand nombre de ces êtres si richement doués, égarés par une folle confiance en eux-mêmes 1 Rom., m, 23, 24, 25, 28. — IHd., v, 18.