Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Journal
- Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Volume
- 5. Jahrgang 5681 = 1920/21 (1920-1920)
- Issue
- 5. Jahrgang 5681 = 1920/21 (1920)
- Date
- 1920-01-01
- Page
- Seite 215 (sequence 221)
- Language
- German
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215 Certes, il est vrai que l’homme de la culture occidentale ne peut subitement opérer une volte-face. L’école, les affaires, le service militaire et toute notre manière d’existence ne nous permettent guère de fonder un ménage déjà à 18 ans. Pour pouvoir construire l’édifice de la famille, il faut préalablement disposer de très solides bases, afin de ne pas exposer femme et enfant au besoin et à la misère dès le début. Mais qu’avec nous, on veuille bien considérer quelles terribles conséquences sont favorisées, lorsque, grâce au mariage trop longtemps retardé et excédés de la violence de leurs instincts nos jeunes gens et nos jeunes filles ne savent garder leur chasteté. Et lorsqu’on y a sérieusement réfléchi, qu’on se demande si le moment n’est pas venu de mettre fin à cet état de choses, et que nous nous proposons enfin de vouloir construire ensemble un nouveau monde. Nous vivons dans le siècle de l’inouï « progrès ». Techniquement notre civilisation peut être remarquable; mais du point de vue éthique, nous sommes au bas de l’échelle. Notre éclat extérieur ne saurait nous tromper sur nos défauts et notre infirmité intérieurs. Les conséquences qu’entraînent les regrettables tendances contemporaines se font partout sentir, et l’on ne peut que s’étonner de ce que nos chers compagnons d’infortune ne voient toujours clair. Le fait qu’à beaucoup d’entre eux la fondation d’un ménage est possible seulement entre 25—35 ans et que, grâce à leur situation économique, beaucoup ne pourront jamais songer à fonder famille, est sans doute la meilleure preuve que nous vivons sous des conditions misérables et que le fond même de notre état est pourri, corrompu. Non seulement que notre vie professionnelle soit faussée. Dans la vie sociale également se cachent impunément sous le manteau de la « moralité » le mensonge, la frivolité, l’hypocrisie. La chose défendue est moulée sur des formes apparemment