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Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz · 1916-01-01 · 5677 = 1916/17 (1916) · p. Seite 44

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Journal
Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
Volume
5677 = 1916/17 (1916-1916)
Issue
5677 = 1916/17 (1916)
Date
1916-01-01
Page
Seite 44 (sequence 45)
Language
German
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44 sûrs et privés de secours fraternels, de sorte que bon nombre de communautés disparurent complètement, les uses se décimèrent et furent réduites à'un nombre négligeable, et les autres s’assimilèrent à leurs circonvoisins. Le fracas de leurs âpres batailles et leurs cris désespérés et angoissés restèrent dispersés dans les espaces qui les séparent de nous. L’écho des voix souffrantes resta enseveli dans l’âbime renfermant les martyres de notre peuple, et pendant plusieurs siècles nous ignorâmes les douleurs et les misères des membres de notre corps. Le long isolement eut une tristeinfluence sur le sort des Falachas, sur ses Juifs établis en Abyssinie. Enterrés dans des vallées et plaines entourées de montagnes inaccessibles, dont l’entrée et la sortie furent obstruées par les déserts sauvages, ils vécurent dès leur arrivée en ces lieux sans aucune liaison avec leurs frères des autres pays, et ils restèrent complètement détachés du monde extérieur. Etablis dans cette partie du Continent noir à une époque reculée, ils survécurent aux atroces persécutions et se débattirent vaillamment pour garder dans cette contrée la foi et les traditions des ancêtres. Us eurent de terribles luttes sans qu’une main pitoyable vînt panser leurs plaies et qu’un mot de confort fortifiât leur corps languissant. Abandonnés à eux-mêmes sans un aide fraternel, loin du souffle bienfaisant du judaïsme, ils eurent à combattre âprement pour ne pas être vaincus et engloutis par les ennemis d’Israël. Beaucoup d’entre eux succombèrent aux tortures et après tant de siècles de souffrances, aujourd’hui il n’en reste qu’un petit nombre. Immigrés en Abyssinie longtemps avant l’ère chrétienne, les Falaches furent reçus avec bienveillance par les aborigènes du plateau éthiopien. En se trouvant dans un coin du monde où l’esprit humain n’était que

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