Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDXXXV (sequence 55)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
- OCR quality
- 59% known words query
- IRI
…/1099854-5241368--478-1100296- Visual Library
- page viewer of the UB Frankfurt
OCR text
LG TALWOD CDXXXV haut. Au matin, prières et actions de grâces; à midi, prières et actions âe grâces; au soir, prières et actions de grâces; "bénédictions avant le repas; après le repas bénédictions. A la vue des phénomènes imposants de la nature, de Forage, delà mer, des premières fleurs des arbres au printemps, actions de grâces. Actions de grâces à une jouissance nouvelle, à l'arrivée d'un bien inattendu, en mangeant des fruits nouveaux, à l'annonce d'un heureux événement. Prières de résignation à la nouvelle d'un malheur. Sur la tombe d'un être aimé prières toutes rédigées; paroles toutes préparées, pour consoler les affligés qu'un deuil vient de frapper. Toutes les émotions et tousies sentiments, les plus fugitifs comme les plus profonde, sont prévus, notés et marqués par une formule d? prière ou de bénédiction. Aux moments les plus solennels de la vie, comme aux plus vulgaires, #uand l'âme s'oublie et se laisse ailer au train prosaïque de chaque jour, ou quand, écrasée sous des émotions trop vives, elle s'affaisse et s'abandonne à son impuissance, le croyant se trouve en présence d'un commandement, d'une Mitzwa à accomplir, qui le rappelle aux choses célestes, qui sanctifie l'heure présente et le maintient en communication perpétuelle avec le divin. S'ilv^eut exhaler ses sentiments et leur donner une forme précise, il trouve des formules toutes faites qu'il n'a qu'à répéter avec ferveur pour épancher son âme au sein de Dieu. L'Israélite n'a donc pas besoin de longs efforts pour chercher la voie du .salut. Elle lui est toute ouverte, grâce à la religion, cette tendre et,prévoyante mère qui le conduit au bonheur, pourvu qu'il obéisse aux prescriptions divines,; et se laisse docilement aller où Dieu le mène. Tel est le système dont lé Talmud a poursuivi l'exécution avec la puissance d'une logique hardie. Chose curieuse cependant, on ne voit nulle part exprimer la formule précise de ce système On sait d'ailleurs que la Synagogue n'a jamais eu de concile pour décréter un dogme et l'imposer à la croyance de la nation. Mais que cette loi ait nettement apparu à la pensée des docteurs ou que ceux-ci l'aient subie inconsciemment, elle ne s'en dégage pas moins dans toute sa clarté de l'esprit même du développement halakbique : — impuissance de la raison humaine à se diriger dans la recherche de la vérité; devoir imposé à la religion de lui montrer cette vérité.