Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Jephté. Le droit des gens et la répartion de la Palestine entre les tribus
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCL (sequence 8)
- Language
- French
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- IRI
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CCCL ACTES Eî CONFÉRENCES Ammonites et les Mcabites ne furent-ils pas leurs pires adversaires et n'usèrent-ils pas, à leur tour, de tous les moyens pour les réduire? Etrange spectacle aussi que celui de tout un peuple, engagé dans des régions inhabitées et obligé de se maintenir à distance de tous les endroits qui auraient offert quelques ressources! Mais je veux faire surtout ressortir un trait, qui doit nous intéresser spécialement parce qu'il se trouve dans une relation immédiate avec l'objet de nos recherches. La thèse que les écrivains bibliques se proposent d'établir, c'est que les Israélites, lors de la conquête, ont scrupuleusement respecté le territoire de leurs voisins et ils les font voir, devant un refus qu'inspire un sentiment non justifié de méfiance, se résignant à un changement complet d'itinéraire. Mais l'itinéraire que l'on nous soumet est-il lui-même possible et réalisable? Les Israélites pour contourner le territoire édomite vont jusqu'à Elath; mais, à Elath, ils sont pris éntre les Edomites et la mer Rouge, Ils n'ont pu passer qu'en vertu d'un consentement exprès ou les armes à la main. La même difficulté, sinon plus grande encore, se rencontre au moment où les Israélites atteignent l'Arnon, limite commune aux Moabites et aux Ammonites. On se demande comment ils ont pu s'y prendre pour ne toucher ni aux uns ni aux autres, à moins de se glisser sur une sorte de frontière idéale, ligne de séparation théorique qui se ' , prête mal au passage d'un peuple entier. C'est un peu comme si Ton disait : Je vais me rendre dé France en Autriche en suivant la frontière qui sépare la Suisse de l'Italie, mais sans entrer ni en Suisse ni en Italie. Quoi qu'il en soit de ces divers points dont il sera reparlé plus tard, les Israélites ont réussi à se rapprocher du Jourdain et, par conséquent, du pays de Ohanaan, sans avoir porté aucune atteinte, si légère fût-elle, au droit de propriété des Edomites,*des Moabites et des Ammonites. C'est alors que se dresse un dernier obstacle dans la personne du roi Amorrhéen Séhon, qui détenait la rive gauche ou orientale du Jourdain entre l'Arnon et le Jabok. On lui demande le passage: il le refuse. Cette fois-ci reculera-t-on encore? Non; car les scrupules précédemment allégués ne s'appliquent pas aux Amorrhéens, lesquels n'ont point de titres de propriété consacrés par la divinité. On forcera donc le passage et, avec là permission