Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Le livre d'Esther et le palais d'Assuérus
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCXC (sequence 26)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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CGXC ACTES ET CONFÉRENCES et devant des preuves quasi mathématiques, l'hypothèse de tous points inadmissible qui ferait du livre d'Esther un roman de tendance postérieur aux succès des Macchabées (160 G, J.-C). L'école dont M. Reuss est le porte-parole rejette avec raison l'assimilation de la fête de Pourîm et d'une féte mal définie, mal connue, célébrée par les Perses au retour du printemps. Que reste^t-il des solutions si péniblement conçues par les rationalistes d'outre* Rhin? La légende biblique , si antique, si parfumée d'effluves susiennes, si vécue dans sa simplicité. J'ai dit légende et je me t'ens à ce mot, car je ne défends ni les chiffres, ni l'allure générale du récit. Cette exagération hors d'échelle d'une révolution de harem sans importance serait imputable, je l'ai déjà fait observer, à la nature du sujet, au caractère des écrivains orientaux, à l'ivresse bien excusable des chroniqueurs, et surtout aux années qui séparent l'avénement d'Hadassah de la rédaction la plus ancienne, entre celles qui nous sont parvenues, de ses vraisemblables aventures. Je m'explique. Les fouilles de Suse, confirmées par l'inscription trilingue gravée autour des colonnes de l'apadâna, nous apprennent que les souverains achéménides s'installèrent par deux fois sur les rives de rUlœus; Darius couronna d'un premier palais les demeures ruinées des rois élamites; cet édifice, brûlé sous le règne de Xerxès, fut reconstruit par les soins d'Artaxerxes Mnémon. * Je ne puis affirmer que le nouvel apàdâna, qui sous le nom, de Bilan, joue un rôle si considérable dans l'histoire d'Esther, ait été rebâti sur les ruines de la salle incendiée; à certains indices, je croirais même le contraire. D'autre part, on ne discute plus l'identité de3 deux formes Xerxès et Akhachvéroch. En ce cas, Mordekhaï et sa nièce seraient des contemporains de Xerxès, tandis que la meghiïlah aurait été rédigée sous le règne d'Artaxerxès Mnémon ou de ses successeurs, puisque le3 descriptions architectoniques se réfèrent au second palais construit à Suse par les Achéménides. La Bible ne contredit pas à cette conclusion. Le chroniqueur sacré, dont je ne saurais trop vanter la bonne foi, laisse entendre, dès le début de sa narration, qu'il raconte un événe-