Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l´année 1887
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCLXI (sequence 18)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
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- IRI
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RAPPORT SUR LES PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ CCLXI n'est qu'un ajournement, et nous avons non pas un, mais deux volumes sur le chantier. Permettez-moi, avant de me rasseoir, de vous donner encore une bonne nouvelle : il nous est venu cette année un disciple, j'allais dire un enfant* Une société existait depuis vingt ans, assez analogue à la nôtre, dans xm domaine voisin : Y Association pour V encouragement des études grecques; seulement, elle se contentait de publier tous les ans un Annuaire compact qu'on ouvrait peu et qu'on-lisait moins encore. Sur la proposition d'un de ses membres, elle "a décidé de transformer à partir de l'année courante son Annuaire en Revue : ce sera un recueil trimestriel, un peu moins volumineux que le vôtre, mais qui fera, comme lui, une part proportionnelle aux travaux originaux, à la bibliographie et à la chronique. Je ne crois pas m'avancer trop en affirmant que l'exemple et le succès de la Revue des études juives ont été pour beaucoup dans la création de la Revue des études grecques; c'est là, Messieurs, un résultat dont nous devons nous féliciter; on nous apprécie puisque nous faisons école. . Il faut nous en féliciter encoret à un point de vue plus général. L'antiquité grecque n'avait pas jusqu'à .présent en France d'organe scientifique qui lui fut spécialement consacré. Chose singulière, 'Assyrie avait sa Revue, l'Egypte la sienne, la Chine et le Japon la leur; la Grèce n'en avait pas. Cette lacune vient d'être comblée; espérons que le nouveau recueil deviendra avant peu non seulement le centre de toutes les recherches dont l'hellénisme est l'objet en France, mais encore le signal d'une véritable renaissance des études grecques, si menacées dans notre pays. Le temps n'est plus où le judaïsme aurait pu envisager avec satisfaction la décadence de ces études ou avec appréhension leur renouveau. Le nom de la Grèce n'évoque plus pour les israélites le souvenir haineux des Macchabées et d'Antiochus, qui, d'ailleurs, n'était pas grec, mais macédonien. Les siècles, la "persécution, la barbarie ont fait leur œuvre : le Jupiter olympien est allé rejoindre le Tabernacle de Jérusalem dans le Scheol des saintetés disparues, la Grèce n'est plus que la patrie d'Homère et de Platon, comme la Judée n'est plus que la patrie de la Bible; cela suffit pour .qu'elles soient toutes deux immortelles et réconciliées. Elles sont vraiment, comme l'écrivait