Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- Les monnaies juives
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CCVI (sequence 26)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
- OCR quality
- 60% known words query
- IRI
…/1099854-5241364--234-1100067- Visual Library
- page viewer of the UB Frankfurt
OCR text
CGVI ACTES ET CONFÉRENCES que nous ayons rencontrées dans la' numismatique juive — pour mieux affirmer l'indépendance reconquise. Ces pièces étaient particulièrement destinées au paiement de la taxe du temple; aussi furent-elles exactement calquées — comme poids* aspect et dimensions — sur les pièces tyriennes qui avaient servi jusqu'alors à cet usage; ceJles-cL commençaient d'ailleurs à devenir rares* le monnayage d'argent ayant cessé à Tyr en 56 ap. J.-C. *. Le demi-sicle était le montant de la contribution individuelle, le sicle servait pour deux contribuables, parents ou amis, à la fois : on voit par les textes que ce genre de paiement collectif était fréquent *. On emprunta aux pièces tyriennes, outre leur "poids, leur légende : Yerusrictlem Kedoshah n'est que la traduction de l'inscription des statères de Tyr : Ttfpou îeçâç %a\ à<j<ftou. L'indication de la date est aussi, peut-être, une imitation de ies pièces; mais elle trouvait déjà des précédents dans la numismatique juive. La nouvelle ère eut pour point de départ l'année 66, sans doute le 1er nisan (avril) de cette année — commencement de l'année religieuse —, quoique la révolte n'èùt éclaté qu'en mai. Cette remarque explique bien des faits qui ont embarrassé les savants. j3i les sicles de la 4° année sont rares, c'est que cette année-là commença le siège de Jérusalem et. que l'argent dut bientôt se raréfier. Si les sicles de la 5e année sont rarissimes, c'est que cette année ne dura ' en fait que quelques mois, là ville ayant été prise dès le mois d'août. Une raison analogue explique les sicles de tronze qu'on rencontre à partir de la 3? année; c'était sans doute une monnaie odsidionaïe, émise par le gouvernement anarchique de la cité. Il en est de même des bronzes « à Yetrog » de la 4e année. Ces bronzes, comme l'indiquent leurs légendes, ont une valeur légale de un dejni, un quart (et probablement un sixième ou huitième) de sich> quoique leur valeur intrinsèque soit à peu près nulle; c'est une sorte de papier monnaie à cours forcé. Au contraire, les bronzes des ans 2 et 3 sont une monnaie divisionnaire ordinaire, analogue à celle que nous 1 Madden (p. 294, note 4) cite un statère tyriende l'an 65,; il y a là, peut-être, une erreur de lecture. * Mathieu, xVn, 24-27, où .Jésus èt Pierre paient un statère pour s'actjuitter ensemble. »